Male and female symbols
Photo par Tim Mossholder sur Pexels

L’écriture inclusive

Êtes-vous prêt·e·s pour l’écriture inclusive ?

S’il y a bien un sujet qui déchaîne les passions dans le monde des linguistes depuis quelques années, c’est l’écriture inclusive. Tendance ridicule et éphémère ou évolution des mœurs ? Décortiquons ensemble ce phénomène et l’impact qu’il peut avoir sur le contenu marketing.

L’écriture inclusive, qu’est-ce que c’est ?

L’écriture inclusive, ou langage épicène, est un ensemble de techniques qui vise à rendre un nom neutre. L’objectif est de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et lutter contre le sexisme et les discriminations de genre.

En français, la pratique de cette rédaction neutre peut se mettre en place de manières différentes :

  • L’accord des noms de métiers et de fonctions selon le genre de la personne qui l’occupe. Par exemple, « un auteur, une autrice » ;
  • L’utilisation d’expressions neutres et non sexuées, comme « les droits humains » plutôt que « les droits de l’Homme » ;
  • L’utilisation de nouvelles graphies pour exprimer le masculin et le féminin dans le même mot, à l’aide d’une forme liée par des points médians, des tirets, des parenthèses ou encore des slashs. Par exemple, « les employée·s », « les associé-e-s » ou « les débutant/e/s » ;
  • L’usage de pronoms neutres comme par exemple « iel » (contraction entre « il et elle »), ou « toustes » (tous/toutes) pour n’en citer que quelques-uns.

Un phénomène global

Il n’y a pas qu’en France que cette tendance gagne du terrain.

En anglais, c’est plutôt simple, la quasi-totalité des mots n’ayant pas de genre. Les seules exceptions concernent certains noms de métiers pour lesquels le genre est précisé comme « actor/actress » ou « salesman/saleswoman », qui peut être remplacé par « salesperson ». Notez aussi qu’en anglais on a recours à la troisième personne du pluriel « they » comme pronom neutre pour désigner une personne sans préciser son genre.

Comme pour le français, le genre est très présent dans la grammaire des langues latines comme l’italien, l’espagnol et le portugais. Dans la plupart des cas, le féminin est indiqué par la terminaison -a et le masculin par la terminaison -o.

Pour « dégenrer » les mots, on utilise la forme composée en a/o, surtout dans les textes officiels. Le « e » est également utilisé pour exprimer la neutralité, ainsi que l’astérisque (*), la lettre X ou encore l’arobase (@) qui est une sorte de « a » dans l’ « o ».

Un débat enflammé 

En France, la question du langage non genré est loin d’être réglée. En 2015, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) suscite la controverse en publiant un « Guide pratique pour une communication sans stéréotype de sexe » destiné aux professionnel·le·s de la communication publique et des décideur·euse·s politiques. En 2017, une agence de communication va plus loin avec le « Manuel d’écriture inclusive » dans lequel sont décrits ses principes fondamentaux.

Face à ces pratiques, la réponse de l’Académie française est sans appel : dans un communiqué officiel datant d’octobre 2017, l’institution se déclare fermement opposée à l’écriture inclusive qui selon elle, est « un péril mortel » pour la langue française, qui « aboutit à une langue désunie et disparate ».

Parmi les défenseurs·es de la cause, la professeure de littérature Eliane Viennot préconise de supprimer l’enseignement de la règle « du masculin qui l’emporte sur le féminin » aux enfants à l’école, au profit de la règle de la proximité (règle suivie jusqu’au XVIIe siècle, qui stipule que l’accord se fait en fonction du nom qui est le plus proche).

Si l’adoption du langage inclusif est encore loin de faire l’unanimité, la tendance est bien réelle et de plus en plus d’administrations publiques en font la promotion.  Qu’en est-il pour la communication et le marketing ?

L’impact sur le contenu marketing

Le langage évolue et le marketing doit s’adapter aux changements de la société. Il est donc important de considérer ces nouvelles pratiques, d’en mesurer les opportunités et d’apprendre comment les utiliser dans sa communication.

Adopter le principe de neutralité dans votre communication rédactionnelle peut avoir plusieurs avantages :

  • Améliorer votre image de marque en vous positionnant comme une entreprise novatrice qui participe à l’évolution des mentalités ;
  • Dans le cadre d’une stratégie RSE (Responsabilité Sociétales d’Entreprise) cela montre que vous vous engagez à combattre les inégalités dans le monde du travail ;
  • Dynamiser votre communication ;
  • Élargir votre cible notamment en touchant un public plus jeune ;
  • Fidéliser votre personnel.

Cependant, avant de vous lancer dans le langage épicène, quelques freins sont à prendre en considération :

  • Cette façon d’écrire inhabituelle peut rendre la lecture difficile et créer de la confusion chez certain·es utilisateurs·trices ;
  • Elle exclut les personnes handicapées qui utilisent des logiciels de synthèse vocale ;
  • Elle pourrait nuire à votre stratégie marketing numérique.

Écriture inclusive et SEO font-ils bon ménage ?

Le risque le plus important de l’emploi du langage inclusif est qu’il peut rendre votre stratégie SEO complètement inefficace. En effet, à l’heure actuelle, les moteurs de recherche ne reconnaissent que les requêtes des utilisateurs. Une requête tapée en écriture inclusive fera apparaître des résultats dans le format inclusif.

À l’inverse, une requête au format « classique », ne fera pas apparaître les graphies inclusives, car elles ne sont pour le moment pas prises en compte par les algorithmes de Google. Opter pour cette forme de rédaction risque donc de ruiner toute votre stratégie de référencement.

Comment optimiser sa rédaction inclusive ?

Si malgré tout vous souhaitez rayer le langage sexiste de votre communication numérique, voici comment faire sans que votre SEO en pâtisse.

  • Évitez les graphies inclusives dans les balises Title (où les mots-clés sont les plus visibles) ;
  • Dans le texte, les graphies inclusives sont envisageables mais préférez l’utilisation du point médian qui est reconnu par Google comme un espace, contrairement aux parenthèses ou barres de fraction. Sachez tout de même qu’à contenu égal, vous serez défavorisé par rapport aux pages concurrentes qui ne l’utilise pas ;
  • Ayez recours à l’impératif ou à des tournures impersonnelles qui permettent d’éviter l’emploi du masculin ou du féminin ;
  • Créez des doublons en utilisant le masculin et le féminin (ou inversement). Par exemple : « les agriculteurs et agricultrices se sont mobilisés… » ;
  • Employez des mots épicènes, qui conservent la même forme au masculin et au féminin, comme « psychiatre » ou « journaliste » ;
  • Utilisez des termes globaux ou génériques comme « L’équipe enseignante » ou « la rédaction » ;
  • Utilisez des formules non marquées : vous, on…

Sans faire de jugement définitif sur sa légitimité, l’écriture inclusive est une tendance qui reflète les changements en train de s’opérer dans notre société. À vous de voir si elle peut créer des opportunités pour votre communication. Alors, conquis·e·s ?

 
Chez Cam’s Writing, nous sommes fièr·e·s d’être une entreprise inclusive, mais nous comprenons que cette nouvelle tendance ne soit pas forcément ce que veulent nos clients.
Que vous soyez prêt·e·s à adopter un langage inclusif ou que vous préfériez garder une approche plus conservatrice du contenu marketing, nous nous tenons à votre disposition.